Me réveiller.
Le réveil est toujours un moment que je trouve intéressant. Après généralement de longues heures de repos, je me remets à bouger. Je découvre le jour, beau ou mauvais mais plus généralement beau, dans lequel je dois m’atteler à la tâche qui est la mienne: travailler en tant qu’artiste.
Réfléchir assis devant mon petit-déjeuner.
Qu’il soit tôt ou qu’il soit une heure déjà avancée de la journée, je répète ces gestes à l’identique chaque matin: mettre deux tartines dans le grille-pain / remplir une tasse d’eau et la faire chauffer au micro-ondes / préparer mon sachet de thé, le sucre, le pot de Nutella / me servir un verre de jus de fruits multi vitaminé / sortir un yaourt aux fruits du frigo / «cling!» retirer la tasse du micro-onde, mettre le sachet de thé, verser le sucre et remuer le tout / «plonk!» retirer les tartines du grille-pain, les tartiner de Nutella / emmener le tout sur ma table - m’installer et petit-déjeuner.
Pendant tout ce temps, mon esprit vague vogue divague dans quelques pensées lointaines qui pourraient un jour se révéler primordiales à la réalisation de quelque chose, voir d’une production artistique.
Réfléchir sur le trône.
C’est un passage systématique, pendant lequel, peut-être pour ne pas me laisser submerger par quelques odeurs nauséabondes, mon esprit continue son libre chemin.
Me regarder dans la glace.
Je redécouvre chaque matin un personnage. Il n’est pas facile à décrire, mis à part le fait qu’il n’est jamais très réveillé, il peut parfois paraître éveillé. C’est le même personnage tous les jours, moi, Benjamin Enon. Parfois j’ai l’air d’un vainqueur, et parfois je ferai mieux de me recoucher - chose que je fais probablement.
Lire mon horoscope.
Personne ne croît à l’horoscope, même pas moi. Et encore moins à celui qui paraît dans un journal gratuit distribué aux entrées de métro. Mais tout le monde le lis, même moi. Bon ou mauvais présage quant à l’aventure que va être ma journée ? Je m’en contre fou, mais l’idée que ce qui va m’arriver est déjà écrit m’amuse au moins le temps de le lire.
Faire le ménage.
Voilà une activité physique qui me met en jambe. Peut-être nécessaire pour me sentir bien dans mon environnement ; ou peut-être pour retarder le moment où je devrais me mettre à travailler. Nécessaire dans tous les cas pour pouvoir remarquer et accorder plus d’attention aux petites choses qui constituent mon environnement matériel.
Écouter la radio dans ma voiture.
L’annonce d’un événement heureux, mais plus souvent malheureux, qui peut m’ affecter, saisis par l’intermédiaire de mes deux oreilles contribue à la perception dont je peux avoir du Monde. C’est ce cumul d’informations qui peut influer, ou non, sur ma volonté de produire quelque chose en conséquence, ou non.
Aller à l’École.
Ces cinq dernières années, cette action a bien sûr contribué à une certaine production qui est la mienne.
C’est le seul environnement artistique que j’ai fréquenté de manière plutôt régulière. Même si j’ai parfois été réticent à me rendre dans ce lieu qui peut se révéler être d’une mollesse déconcertante. J’y ai aussi trouvé matière à sujet, ainsi que la possibilité d’y confronter mes idées auprès d’un public systématiquement présent sans que je n’ai eu à développer quelques stratégies et outils de communication.
Regarder les gens.
Si l’on regarde les gens avec un seul de nos deux yeux (pour ceux qui ont leurs deux yeux bien évidemment), nous repassons dans une perception en deux dimensions. À partir de là, je peux considérer chaque personne comme une image. Elles disent des choses, de par leur beauté, leur laideur et plein d’autres choses encore. C’est au milieu d’elles que j’existe.
Quelle image je suis?
Faire des photos.
C’est quelque chose que je fais plutôt rarement. Mais ce qui me plaît dans cette action, c’est qu’à chaque fois je me demande « quel peut être l’intérêt de faire cette image ? » Le seul moment où j’en tire une réponse concrète et finalement simple, c’est quand je regarde mes photos de vacances. J’étais là, la preuve...
Voir une exposition.
Le plus souvent, c’est quand je monte à Paris. J’aime cette sensation ; me retrouver au milieu de choses que j’ai décidé d’aller voir, parce que ça doit valoir le coup. De plus, si un jour je dois avoir un public, il faut bien que je m’efforce d’être le public d’autres, qui ont certainement galéré pour que je puisse venir les voir.
Faire de la peinture.
C’est véritablement faire. «Mettre la main à la pâte». Il m’est nécessaire de lâcher mes appareils technologiques, et de faire « autrement » qu’en utilisant un seul doigt pour créer... des images.
Entre-nous soit dit, il n’y a probablement que dieu qui (si l’on décide de croire à son existence) peut créer avec un doigt. Moi, je ne fais que capturer.
Écouter Nicolas Sarkozy parler à la télévision.
[…]
Regarder des émissions de télévisions (surtout de télé-réalité).
Elles m’offrent des éléments de comparaison avec la vie que je peux mener. Et plein d’autres choses encore. Mais pas que ça. Ça m’a permis de développer tout un travail comparatif – justement - pour essayer de soulever certaines questions qui me semblent importantes quant à la notion de travail.
Appeler mon frère, David.
Émetteur -> message -> Récepteur
Moi contenant parfois des Lui
problématiques d’ordre
artistique
\ Feedback /
Faire des films avec mes amis.
Vidéos de surf, de snowboard, d’escalade, de vacances ou encore des vidéos avec un caractère peut-être plus artistique ou encore, plus intellectuel, tous les prétextes sont bons pour m’exercer.
Jouer à l’Euromillion.
Une action tellement facile à accomplir qui permet d’accéder au rêve de la vie facile.
Et voir que j’ai perdu.
Je retourne à mes activités.
Boire l’apéritif avec un/une ami(e).
Rien de plus spontanée et de plus passionnée qu’une bonne conversation de comptoir pour parler de la société dans laquelle je vie ; de mes soucis liés à l’environnement si particulier et si dur qu’est celui de la jeune bourgeoisie pourri-gâtée à laquelle j’appartiens. Tout ceci à un niveau certe pas très profond, mais quand-même… « No Futur ! » Comme ils disaient.
Manger chez Papa et Maman.
Voilà deux personnes avec qui une discussion ayant pour sujet les arts plastiques n’est pas forcément des plus faciles. Mais cela me permet de confronter une fois de plus mes ambitions à celles d’une génération passée. « To be or not to be. That is the question… »
Regarder des bons films.
C’est une activité qui provoque chez moi des questions, des sensations fortes parfois.
Regarder des moins bons films.
C’est une activité qui provoque chez moi des questions, des sensations fortes parfois.
Essayer de lire un livre.
Ce qui me plaît dans la lecture, c’est le temps que je mets à m’investir dans ce qui est écrit. Parfois je mets tellement longtemps que le sommeil me rattrape. Généralement, c’est signe que ça devient chiant. J’ai du mal à persévérer, parce que je sais qu’il me faudra justement un certain temps avant d’en sortir.
Dormir.
C’est une non-action dans laquelle tellement de choses peuvent se produire. Et c’est aussi un moyen de prolonger, ou de récupérer des émotions fortes. Ça permet aussi de faire passez plus vites les mauvaises journées ; en espérant en commencer une qui s’annonce un peu meilleure demain.